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S’affirmer avec Nietzsche (Balthasar Thomass)

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Attention, je donne toujours dans le développement personnel… Lecteur qui tient à cette image de perfection naturelle chez moi, surtout n’abime pas tes yeux ni tes idéaux sur cet article…

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J’ai été poussé au vice à nouveau : 2 superbes filles m’ont fait un cadeau merveilleux…

Un livre : S’affirmer avec Nietzsche de Balthasar Thomass.

Or comme vous vous le rappelez sans doute dans un précédant article, j’expliquais que le management de la vie privée et la crétinisation par le livre, de quelques personnes favorisées socialement me hérissaient les poils. (pour mémoire : « dignement te traiter… Fuck affirmatif« ). En plus j’aimerai dire qu’il y a probablement des rapprochements à faire entre cette observation personnelle et « discours sur la servitude volontaire » de la Boétie, qui vaut son pesant de présent. Mais je ne veux pas parler de ce texte aujourd’hui, bien qu’il soit finalement assez proche du sujet du jour.

Aujourd’hui en fait c’est le moment de dire que oui présenté comme ça, cette forme de littérature (ce mot m’écorche) peut être intéressante. Mais (et oui je suis obligée de dire « mais », (tu t’en doutes!)) je l’ai prise comme une introduction à la philosophie de Nietzsche Héhé!

Bref je pense que dans mon développement personnel ce livre est venu à point… En effet l’esprit cartésien de mes amis me fait depuis un bon moment doucement rigoler. Cette façon de croire à la réalité, me sortait par les trous de nez et autres orifices depuis plusieurs années. Cette absurdité sans valeur (pour moi) ressassée à n’en plus finir démontrable par X et indéfendable face à Y, cette « vérité » qui semblait si personnellement universelle, avait commencée à me clouer à une vie bien morne et plate.

Tout comme d’ailleurs ceux qui au nom du rien dépriment (une autre partie de mes amis) et oui l’absence de sens n’est pas une transcendance pour tout le monde… (La je sais que ce passage n’est pas clair, mais je m’en fous grave, les suicidaires pourraient même s’y retrouver). Et donc j’avais oscillé avec le désespoir d’une autre partie du monde, qui trouvait satisfaction dans l’opposition avec ces gens contents non pas d’eux mais contents de ne pas se poser la question d’eux même.

Mais cette partie du monde qui s’oppose, qui renie jusqu’à la vie elle même, ne me correspondait pas non plus… D’ailleurs souvent je me permettais de demander « mais comment peux tu dire que la vie n’est rien pour toi? si tu le dis c’est bien parce que tu es en vie, c’est un non sens. Ose me dire que tu n’as jamais jouis… Que tu n’aimerai pas rejouir... ». 

Autre chose que j’avais constaté avant ce livre c’est en quelque sorte une image mathématique : Mon coeur est sinusoïdal c’est à dire que je suis souvent très triste et presque aussi souvent très joyeuse. Je ne connais pas la mesure des sentiments, je n’aspire pas à la moyenne des humeurs… La ligne qui donne à n’importe quel x toujours la même ordonnée ne m’inspire pas… Je pense même que le sinusoïdal m’enmerde. En plus on est plusieurs à savoir que c’est pré-mortem. Au final je crois que je pourrai le dire autrement toute envie qui demande une action, tout désir profond implique une prise de risque, une douleur quasi certaine, pour une satisfaction hypothétique. Le tout étant d’accepter le risque et non pas de se  persuader qu’on ne le veut pas. Cette auto-persuasion s’appelle être « raisonnable », elle aspire au demi teinte sans saveur à une vie si paisible qu’elle s’oublie.

Alors voilà deux thèmes que j’ai cru retrouvé dans ce livre, mais j’en ai aussi découvert d’autres, par exemple : 

Choisir soigneusement ses ennemis (et là vu que j’avais,de manière moins affirmée, bien commencé, je sens que je vais persévérer). Ce culte de l’ennemi permet de nous stimuler, de nous forcer à faire de nos idée personnelles « des reflexes », à croire en nous en sachant pourquoi on croit en nous même. 

Le corps et l’esprit sont sur la même face de la médaille, et le corps précède l’esprit, il y a une intelligence du corps qu’il faut savoir placer en premier. L’intelligence du corps est plus rapide. Ce passage fait un peu doctrine disons que l’impératif et le verbe falloir ne sont pas bien choisis…

Garder à l’esprit que lorsque l’on décide de faire quelque chose, on peut se demander si nous aimerions refaire cette chose à l’infini, si nous aimerions revivre notre vie à l’identique sans rien changer. Et pour notre vie toujours se positionner en se disant je le fais parce que j’aimerai le refaire… D’ailleurs c’est un peu comme le shopping, en ce moment je suis fan d’un de mes jeans et lorsque je retourne dans le magasin ou je l’ai pris, j’ai envie de le racheter (au cas ou ils n’y en est plus d’aussi beau quand le mien sera mort).

Le petit passage sur le jean me permet ici de signaler que chacun est libre de décider de ce qui est profond et de ce qui est superficiel, et même chacun est libre de dire qu’il n’ y a pas de profond pas de superficiel. Et c’est en ça que je trouve Nietzch jouissif, sans être nihiliste, il démontre que ce genre de pensées en opposition profond/superficiel, douleur/bonheur, bien/mal… sont des concepts produits par la morale, mais indéfendable aux yeux de l’homme qui pense.

Je met un autre exemple que je vais détailler un peu plus  : c’est la nuisible « pseudo-nécessité de croire », qui fait que l’on sombre pour un dieu ou pour un autre être humain, ou pour un idéal. C’est une faiblesse qui nous permet de nous  justifier de nous auto-mentir, de nous persuader. L’idée face à ce genre de comportement c’est d’enrayer l’addiction par une autre addiction plus grande, c’est de trouver d’autres choses à faire qui nous excite autant, c’est de se plonger à corps perdu dans autre chose, quelque chose qui nous procure un plaisir immense. Le besoin de l’autre doit pouvoir passer ainsi, en se noyant dans autre chose qui nous procure du plaisir, qui nous demande de l’énergie.  L’objectif c’est de trouver en soi un sens à notre vie et être par soi même en vie. Donc ne pas s’en remettre à un autre pour être, ne pas s’adonner à une cause en existant par elle : ici on peut penser religion, on peut penser doctrine comme par exemple l’écologie, mais aussi la roots attitude :) .

Je détaille un dernier point qui m’apparait intéressant, c’est l’idée que nos pulsions, nos défauts, nos traits de caractère ne sont pas à gommer, ce que l’on aime faire est à écouter soigneusement, afin de ne pas perdre de vue ce que nous sommes, afin de ne pas prendre les désirs des autres pour nos désirs. Ce qui évitera une vie profondément ennuyeuse, centrée sur la réussite sociale, qui permettra une bonne psychanalyse pour expliquer d’où vient cet ennui…

Nietzsche (de ce que j’ai compris) c’est responsabilisant, c’est profondément optimiste. C’est l’affirmation de la vie pour soi, par soi et en soi. J’ai donc commencé à lire le « gai savoir » et j’ajouterai que c’est profondément inventif, les mots sont assemblés pour former des nouveaux concepts. Je trouve que Francis Ponge dans son « parti pris des choses » nous disait un peu le même chose , la richesse des mots, et leur intensité restent inexplorées et restent à inventer. Et je ne prétends pas non plus ne pas avoir erroné le sens du livre voir les propos du philosophe je vous livre ma compréhension, c’est forcément en partie faux…

Voilà à lire!

Et n’oubliez pas :

« les larmes de crocodiles on sait pas si c’est franc ou pas. »(Vérone)

Usurpalement et terriblement,

UPT.

PS: petite musique de fin… joyeuse et inventive…

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8 Commentaires

  1. electroclite

    9 septembre, 2010 à 18:25

    Il donne en vie cet article… ;)
    merci l’Usurekisscool

  2. rodolphe

    19 février, 2011 à 13:25

    Texte bien écrit (j’ai trouvé ton blog en tapant « thomass »), bravo toi pr cette synthèse d’une livre que j’ai presque fini et qui m’inspire aussi.
    chuss
    Rodolphe

  3. Usure pas triste

    21 février, 2011 à 8:30

    Bouh!
    Merci à toi pour ce commentaire…
    Ca me permet de dire, quelques mois après l’écriture de ce texte, que ce livre est vraiment un très non outil de développement personnel en plus d’une très bonne introduction à Nietzsche.
    Au plaisir d’une prochaine lecture!
    usurpalement,
    UPT

  4. belsha

    23 février, 2011 à 14:44

    Votre article serait encore mieux si « Nietzsche » (avec un « s » entre le « z » et le « c ») était ortographié correctement…. peut-être même des internautes trouveraient ainsi l’article non seulement en tapant « thomass » mais aussi en tapant « Nietzsche » !

  5. Usure pas triste

    23 février, 2011 à 15:14

    Merci beaucoup… Et encore merci! En théorie j’ai corrigé…

  6. belsha

    24 février, 2011 à 12:45

    Je vous remercie à mon tour pour cette chronique rafraîchissante (je suis l’auteur du livre).

  7. Usure pas triste

    25 février, 2011 à 8:31

    … Thank you! (l’anglais c’est pour éviter les répétitions)
    Tout ça me donne envie de continuer les chroniques (à chaud en post-lecture)
    Bien usurpalement,
    Usure Pas Triste

  8. Emmanuel Mbuyi

    18 septembre, 2012 à 15:25

    Salut Thomass. Félicitation pour ton livre. C’est vraiment une synthèse de la philosophie de Nietzsche. Ton livre m’a beaucoup aidé dans l’élaboration de mon mémoire de licence qui j’ai intitulée: la mort de Dieu et la liberté humaine chez Nietzsche. Je voudrais garder contact avec vous pour d’autres échanges. Emmanuel

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