Accueil carrement pas !!! La délicatesse, et ma colère… (David Foenkinos)

La délicatesse, et ma colère… (David Foenkinos)

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La délicatesse, et ma colère... (David Foenkinos) dans carrement pas !!!

C’est la colère qui une nouvelle fois vient  me faire vomir ma bile sur ce blog. Il s’agit de vous parler du livre de David Foenkinos : La délicatesse… Au secours ! Une amie, très bonne amie, me l’a conseillé, ce n’est donc pas une attaque en ordre rangée de notre amitié, mais une simple mise au point sur la putréfaction en littérature. La quatrième page de couverture déjà avait eu le mérite de me faire frissonner de désespoir :

« Il lui demanda ce qu’elle voulait boire. Son choix serait déterminant. Il pensa : si elle commande un déca, je me lève, et je m’en vais. On n’avait pas le droit de boire un déca à ce genre de rendez-vous. C’est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n’est guère mieux. À peine rencontrés et déjà s’installe une sorte de cocon un peu mou. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Oui, le thé c’est incontestablement une ambiance de belle-famille. Alors quoi ? De l’alcool ? Non, ce n’est pas bien à cette heure-ci. On pourrait avoir peur d’une femme qui se met à boire comme ça, d’un coup. Même un verre de vin rouge ne passerait pas. François continuait d’attendre qu’elle choisisse ce qu’elle allait boire, et il poursuivait ainsi son analyse liquide de la première impression féminine. Que restait-il maintenant ? Le Coca-Cola, ou tout autre type de soda… non, pas possible, cela ne faisait pas du tout femme. Autant demander une paille aussi, tant qu’elle y était. Finalement, il se dit qu’un jus, ça serait bien. Oui un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas trop agressif. On sent la fi lle douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Non, le mieux, c’est de choisir un entredeux, comme l’abricot. Voilà, c’est ça. Le jus d’abricot, c’est 15 parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse, pensa François. À cet instant précis, Nathalie releva la tête de la carte, comme si elle revenait d’une longue réfl exion. La même réfl exion que venait de mener l’inconnu face à elle.

 

« Je vais prendre un jus…
— … ?
— Un jus d’abricot, je crois. »

Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité. »

Juste après l’avoir lu d’ailleurs j’ai voulu reposer ce détritus sur le rayon, mais malheureusement une femme de mon âge m’a dit : « il est vraiment très bien, vous allez passer un bon moment, c’est fou tous les prix littéraires qu’il a « . ET après lecture, je peux lui répondre :  » Ouais c’est un truc de DINGUE! »

Pourquoi cet extrait, qui est à l’image du livre, m’indigne? Allons, allons… Vous connaissez le genre? Vous savez cette répartition navrante des rôles sociaux centrées sur une vision binaire de l’humanité, à savoir les hommes et puis les femmes? Vous avez remarqué comment « François » met la pression sur la féminité? Vous avez remarqué à quel point cette féminité est définie dans cet extrait par un homme? Alors en admettant des rôles hommes et femmes qui différent pourquoi pas, (ça se défend très bien) pourquoi figer les femmes dans une représentation fabriquée par des hommes?

Le livre est d’ailleurs une vision masculine de la vie sentimentale d’une femme, il commence ainsi : « Nathalie était plutôt discrète (une sorte de féminité suisse). Elle avait traversé l’adolescence sans heurt, respectant les passages piétons. » Nous sommes tout de suite mis au parfum des grandes ambitions de notre auteur, écrire des choses profondes en les narrant de manière légères. Nathalie cette femme parfaite que tout le monde désire avec ou sans talon aiguille, va prendre cher. Cette femme ambitieuse et brillante, qui à l’apogée de sa carrière, dirigera une équipe de 6 personnes…(ouah!!!) est décrite et redécrite comme un idéal physique et un idéal d’intelligence, à un tel point que l’on ne comprends pas que notre auteur ne soit pas plus créatif sur l’évolution professionnelle de Nathalie. Sa carrière d’ailleurs elle la plaquera pour des sentiments trop forts envers le mec le plus paumé de la terre (on nait femme, un point c’est tout dans la tête de David). Donc Nathalie,disais je, va connaitre le grand amour, sans crise, sans question inutile, ça va durer 7 ans (parce que c’est un chiffre magique). Puis François le macho va mourir, arf!

Là on sent que l’auteur hésite il utilise des termes définitifs, qui se prononcent à l’église « toujours, jamais… »  Va t’il faire mourir Nathalie de chagrin? C’est tellement la femme idéale pour l’homme en général qu’il conviendrait de la faire mourir, vu que sa raison d’être est décédée…

Mais l’auteur a besoin d’écrire un livre d’un peu plus de 50 pages, et vu qu’on s’est déjà bien ennuyé sur la première partie, qui est d’une rare insignifiance, ça va de la rencontre à la demande en mariage et au mariage pluvieux. Et oui je crois que la vie sans aspérité n’a pas d’intéret, c’est toujours la même histoire de prémaché, je m’ennuyais pour Nathalie qui en plus n’était qu’une pauvre princesse résultat d’une projection masculine d’un vieux conte de fée…

Bref David, avec indulgence, fait durer le deuil de Nathalie sur 3ans… Pendant 3ans elle fait un deuil impeccable, et finalement telle une femme, soumise à la biologie de son sexe, son désir se réveille… Avant son envie que l’on pourrait qualifier d’humaine de rencontrer quelqu’un. C’est ici que l’histoire me choque, c’est l’horloge biologique qui est la seule justification possible à la sortie du deuil… Aucune autre raison ne semble trouver une légitimité aux yeux de l’auteur. Hors Nathalie est, certe une femelle, mais elle est avant tout humaine, et comme il le souligne à plusieurs reprises, particulièrement intelligente, elle est donc théoriquement capable d’introspection, d’interrogation… (Je ne nie pas l’importance du désirs physique bien au contraire.)Il manque à Nathalie l’étoffe d’un vrai personnage, l’auteur ne lui invente pas d’amis, l’auteur ne lui donne pas de sexe-toys, l’auteur ne lui prête pas de désir et de fantasme propre, les seuls qu’il évoque sont ceux de la biologie bien indépendante de sa personnalité de femme en deuil. Heureusement l’auteur en dernier recours pour donner un peu de sens à son histoire, invente pour Nathalie une région d’origine et une famille, ce qui définit visiblement, dans sa tête, une femme…

Sa deuxième histoire d’amour est dans la même ligné, c’est un réveil avec un homme inexpérimenté et laid, l’inverse du premier ( inversion de karma mes amis!!!). Mais c’est seulement avec cet homme que David lui accorde le droit de s’en sortir, le pêché est moins grand… (Attend mec !!! Ils se sont marié et elle a juré pour toujours!!!)

En fait, à la fin du livre j’ai pleuré, j’aurai aimé lire une histoire avec le même timing, une histoire qui ressemblerait un peu à un livre en revanche lui formidable : « le mec de la tombe d’à coté ». Imaginons que David se soit coupé le poil dans la main et est au cours de sa vie est fait l’expérience de l’altérité… Alors l’histoire de cette femme aurait pu être tout autre.Elle aurait rencontré François, elle aurait commandé un coca, ou une bière, il aurait pansé la même chose, mais elle l’aurait quand même épousé.Et oui, François aurait fait l’expérience de l’altérité, il n’aurait pas rangé Nathalie dans une case (ou cage)bien construite pour ses besoins. François aurait pu mourir, où ils auraient pu se séparer.Nathalie aurait pu au bout de 7ans avoir rencontrer quelqu’un d’autre, elle aurait pu avoir envie de découvrir quelqu’un d’autre sans pour autant passer par 3ans de pleurs… Nathalie aurait pu appartenir à la vrai vie et pas à un idéal mystifié qui sent les chrysanthèmes en plastique. 

Je vous épargne la critique de sa plume, en elle même,elle est mauvaise, c’est l’art de faire des phrases creuses…

Avec toute mon usurpation et mes pensées pas tristes… 

UPT 

 


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8 Commentaires

  1. laventure

    9 août, 2011 à 20:16

    Bon, je connaissais pas le gars David, je suis vraiment inculte. Mais bon à lire ta critique cela ne me dérange pas spécialement de ne pas avoir lu quelque chose de lui. Il me semble refléter la bonne littérature ambiante et actuelle. Mais ce qui me déroute le plus, c’est comme tu le dis ( ou plutôt une femme de ton âge – Gloup’s )ce livre a reçu beaucoup beaucoup de récompense et de bonnes critiques. Donc où les critiques sont des vraiment dans le cliché (femmes – hommes)et cela les rassure ou alors ils répondent à une demande des boites d’éditions … bref je ne le lirai pas. souvent d’ailleurs je ne finis pas un bouquin que j’ai commencé, un peu comme au cinéma, je me lève et je me casse quand ça fait vraiment trop chier. Bon retour de vacances.

  2. usure

    9 août, 2011 à 20:34

    Ravie de ton retour à toi sur ce blog! J avoue j suis partie qu une seule fois de la salle au ciné… Pour un film sur la culture de la betrave….

  3. constance

    14 août, 2011 à 21:25

    Bonjour, Je ne sais pas très bien comment je suis arrivée chez vous, par souci des plaisirs, peut-être :) )
    je viens également de finir la délicatesse, bq de promo, et partage assez votre avis. Comment peut-on devenir si connu avec des livres pareils ? en plus, il se trompe dans un dicton, « mariage pluvieux, mariage heureux » – non c’est « mariage plus vieux, mariage heureux ». Un détail qui, ajouté à sa trame sans vigueur, m’a détournée de le lre à nouveau.

  4. Usure pas triste

    16 août, 2011 à 21:28

    Merci!
    Héhé! cette mise au point au sujet de la pluie souligne à quel point David est un mauvais…
    Effectivement ce livre est à déconseiller et à ne surtout pas relire. C’est désespérant!
    Mais bienvenue sur ce blog !
    Au plaisir!
    UPT

  5. caloulaframboiz

    2 septembre, 2011 à 20:14

    Bon, j’avoue, j’ai aimé et me suis laissée embarquer dans cette histoire, même si les ficelles sont grosses et s’il y a de la Belle et de la Bête la-dessous…

    Dernière publication sur Carnet de route de Caloulaframboiz : Les vieux, ce n'était pas original ...

  6. Usure pas triste

    6 septembre, 2011 à 11:48

    Oui mais bon tu t’es pas ennuyé? Je me disais que le succé du livre doit s’expliquer par une forme d’identification des lecteurs à un personnage… est ce le cas?

  7. Info

    13 novembre, 2011 à 12:50

    2011 : La Délicatesse

    Avec son frère Stéphane, David Foenkinos vient d’achever le tournage d’une adaptation de son roman La Délicatesse avec Audrey Tautou et François Damiens. Le film sortira le 21 décembre 20111 avec la collaboration d’Emilie Simon pour la bande originale. Emilie Simon ayant vécu une histoire quasiment similaire à celle d’Audrey Tautou dans le film, était l’unique personne à pouvoir réaliser cette musique.

    Une bonne raison de ne pas y aller…

  8. Info2

    13 novembre, 2011 à 12:52

    Un petit post sur le mur fbk linaknt ici serait pas mal non plus !
    http://fr-fr.facebook.com/david.foenkinos

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