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Pourquoi planer au dessus du brouillard?

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J’étais tranquillement en train de trainer sur internet, je lisais un article consacré aux méthodes permettant de planer à moindre frais (pour le corps et pour le porte-monnaie). Devant l’inintérêt évident des techniques proposées (sauf 2 : le sexe et l’adoption d’un animal de compagnie, qui sont peut être complémentaires)  je me suis rappelée que j’avais un blog mal entretenu et moins efficace dans ma vie, qu’il y a quelques année.

A quoi bon chercher à planer, si je vis dans le brouillard ? Survoler la brume du quotidien, n’empêchera pas l’engloutissement de mes heures, l’oubli permanent de l’instant et cette course effrénée pour glaner quelques minutes d’oisiveté, aussitôt reconverties en conficulture… Rien ne se perd tout s’exploite à la seconde près.

Oui mais, qu’en reste-t-il ? Je suis toujours assez surprise lorsque j’écoute une play-liste âgée de plus de 6 mois, il y a quasiment systématiquement  un morceau que je « redécouvre » (qui d’ailleurs ne me plait pas forcément). Pourquoi ma mémoire a t-elle oublié? Pourquoi je n’aime pas à nouveau ce morceau ? Je cherche aussi souvent le nom d’un artiste que j’ai écouté pendant des mois avec délices et dont je me remémore l’image de la jaquette . Quelle joie de tomber par hasard sur le boitier de Mohini Geisweiller… (Bon le Cd n’était pas dedans, mais au moins j’ai à nouveau son nom).

Mais si je ne l’avais pas retrouvé dans le bordel de mes 4 dernières années ? L’aurai je oublié? Qui dans mon entourage connait Mohini Geisweiller et aurait pu m’en reparler ? Personne, je sais ça peut paraitre triste, mais passons. Imaginons que cette artiste ne refasse pas d’album? J’ai le sentiment d’une tragédie évitée de justesse…En cherchant bien je pense que je l’aurai trouvé sur mon blog, je suis sûre que j’ai du en parler, à l’époque je notais tout. Mais qu’en est-il des choses vues, lues, apprises,découvertes ces deux-trois dernières années.

La mononucléose a certes épaissie le brouillard, mais la surconsommation de personnes, de biens culturelles, de rencontres est elle aussi responsable d’une densification de l’inutile et du périmé jeté sans être savouré.   Ainsi que s’imprime t-il dans ma mémoire? Du fake encore et encore ?

Que dire de mes amitiés ratatinées? De mes (ex) amis qui m’expliquent que je ne peux pas comprendre leur problématiques, qui dressent des murs entre moi et eux? Qui m’expliquent leurs solitudes dans la vie? Leur sentiment d’être si seuls, si incompris, que rien ni personne ne peut les atteindre. Qui puent la rancœur et la jalousie et qui mourraient plutôt que de le reconnaitre. Pourtant l’un d’eux a t-il une idée du haut de son grand cheval de l’ampleur du mensonge qu’il se raconte à mon sujet?

Ou encore d’autres qui font comme si.  Qui ne savent pas ce que je suis devenue, n’en n’ont aucune idée et me prêtent un rôle social avec lequel je nettoie pourtant mes chiottes. Si j’adopte un animal de compagnie se sera une limace (pour pas faire tout comme mon frère, qui est l’heureux propriétaire de Norbert l’escargot). Ces prétendus amis avec qui il n’est plus possible de discuter puisqu’ils savent. Puisque de mon statut social dépend ma compréhension du monde et des chose qui le meuvent. Je sens qu’ils me limitent, ils aimeraient enfin me faire rentrer dans ce putain de tiroir qu’ils avaient si généreusement ouvert pour moi.

Et que dire des amis que j’ai rencontré dans ces trois années, qui jamais n’ont même eu l’idée de lire un article de moi, et se permettent de juger ma vie avec des jolis sobriquets comme « bof ». Qui se réjouissent d’apprendre en premier une nouvelle insolite, qui dans une quête effrénée de l’info en oublie la noirceur et la tristesse et passe à la suivante ? Ou pire d’autres qui m’informent que les sages-femmes sont en grève 2 semaines après le début de la grève…

C’est gentil tout ça …  Je déteste toujours sentir faillir la loyauté, la mienne n’est plus dédiée à vie.

Il faudrait en toute honnêteté, que je consacre quelques lignes à quelques uns et quelques unes… Ils sont des rares, avec qui le brouillard ne se densifie pas au contraire il s’éclaircit. Oui quelques personnes ne m’empêchent pas de vivre  ou ne font pas semblant de partager ma vie en n’acceptant qu’une partie de moi. Et le dialogue reste possible en cas de nuage gris.

La bouderie, cette façon de se vexer perpétuellement m’est pénible.

Mais tout ça ne serait pas honnête, sans un éclaircissement de ma démarche. Le brouillard vient de mon oubli au contact de ces gens des autres facettes de ma vie. C’est comme si je vivais ma vie en une seule dimension en leur présence, je ne suis qu’une image, une idée qu’ils se font de moi. Et ma souffrance est telle, d’imaginer qu’il va falloir toute ma vie que je me batte pour sortir des catégories qu’ils m’ont gentiment esquissées, que je renonce et jette la dessus un voile de brouillard bien opaque.

Non je ne suis pas sage-femme parce que j’ai raté médecine.

Non je ne m’en veux absolument pas d’avoir rater médecine et ceux avant même d’avoir passer mes 2ème partielles de PCEM1.

Non je n’ai pas pour objectif d’avoir 2 enfants à 30 ans et un joli chien.

Non je ne suis pas contre le mariage civile et religieux parce qu’au fond je suis frustrée qu’on ne m’aie jamais demandé en mariage.

Non acheter un appartement n’est pas le summum des objectifs que je devais remplir dans ma vie.

Non cela ne m’amuse pas d’être féministe, cela me fait chier d’avoir à perpétuellement débattre avec des femmes et des hommes cultivant la différence des sexes dans leur jardins naturel.

Non je n’ai pas de problème avec ma mère

Non, on ne peut pas dire que j’ai pas eu de chance, bien au contraire.

Non je ne me sens pas malade.

Non mon papa ne me manque pas.

Non mon petit ami n’est pas ma seule préoccupation

Non faire la cuisine pour 10 n’est pas mon kiff

Non je ne rêve pas de m’installer en libérale

Non je ne rêve pas de faire des accouchements

Je n’aime pas le chocolat

Non tu n’es pas ma « seule » sortie de la semaine pour couper la routine. En fait j’aime bien te voir, ce que j’aime c’est parler et rire avec toi, je trouve que tu es quelqu’un de formidable et je suis ravie de t’avoir rencontré, je te suis même reconnaissante de m’accorder de l’intérêt.

Non mon inactivité sur Facebook n’est pas la conséquence d’une vie qui s’enlise dans le quotidien

Non trainer avec mes collègues ne me fait pas horreur, tout dépend des collègues

Non je n’ai pas envie de discuter avec toi. Pourquoi? Parce que des comme toi j’en rencontre 2-3 par jours (de travail) et ils sont tellement niais que je perds plus ma salive pour ça.

Non je ne te déteste pas, mais je vais pas feindre ce qui n’existe pas entre nous

Oui tu me déranges, je suis en train de lire, et c’est plus intéressant que de discuter avec toi.

Oui j’ai des regrets mais pas ceux que tu m’attribues

Non je ne suis pas dépressive parce que je pleure

Oui la tristesse fait partie de ma vie, mais elle n’en n’est pas l’ingrédiant principal.

Oui je m’ennuie à peu près tout le temps et non ce n’est pas ta faute.

Je vais donc aller de ce pas continuer de soigner mon ennui, chose que je fais très bien ces derniers temps!

Et je crois que la solution n’est pas dans la modification totale de nos relations mais bien plus dans l’acceptation des facettes, mais surtout de la conscientisation de ces moments ou je ne peux être moi. Et un rééquilibrage de ces visions monotones d’un seul moi borné et limité aux attentes de mon rôle. Mon rôle étant extrêmement changeant au sein d’une même journée.

Une fois le brouillard dissipé, alors je pourrai peut être envisager de planer, pour l’instant pas d’intérêt!

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