Accueil exercices de style Pour les musulmans, Edwy Plenel. « Raisonner en résonance »

Pour les musulmans, Edwy Plenel. « Raisonner en résonance »

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Parfois, un ou deux mots nous interpellent, on prête l’oreille et soudain notre souffle s’arrête… Et lorsqu’on inspire à nouveau nous sommes fondamentalement différents.

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4925060

 Pour les musulmans, Edwy Plenel.

Je viens vous donner un exemple de ce genre de revirement. Tout à l’heure je pensais que la plus grande force de la France c’était la laïcité, désormais je pense (le mot est fort) que la plus grande force de la France c’est la LAÏCITÉ. :P Je viens seulement de saisir les différents sens que l’on peut donner à ce mot.

En 1905 le sens du mot laïcité signifiait tolérance des différents cultes et non pas haine des religions.

laicité

Je met à la fin de l’article un petit tirage au clair sur ma position religieuse, pas forcément très intéressant, mais qui me semble nécessaire pour que ma démarche soit éclaircie.   

Donc tout à l’heure j’écoutais Edwy Plenel à la grande table de France Culture, il était questionné par les 2 journalistes habituels : Caroline Broué et Antoine Mercier, accompagnés par une philosophe Béatrice Levet.

Je vous résume donc ce que j’ai saisi de ce court passage à l’antenne.

Pour les musulmans est le titre d’un livre, choisit pour faire un parallèle avec l’article de Zola paru à la une du Figaro Pour les juifs, un an avant le célèbre J’accuse. Zola y dénonçait ce qu’il entendait dans les salons mondains et les tribunes médiatiques qui constituaient peu à peu une banalisation des discriminations à leur encontre, un engrenage puant qui a conduit au crime contre l’humanité; Je vous laisse le lire à cette adresse : 

http://www.cahiers-naturalistes.com/pour_les_juifs.html.

Le propos d’Edwy Plenel c’est de dénoncer la construction en France de « la question musulmane », ce n’est pas un livre sur les musulmans, mais un livre sur la France. Le journaliste Edwy Plenel dénonce les discriminations en poupées Gigognes dont sont « victimes » les musulmans (le foulard, la prière, la nourriture, les mosquées… C’est leur visibilité, leur différence que l’on écrase). Il met en avant la visibilité d’Eric Zemmour, et le fait que plus personne ne se lève ou n’objecte, lorsque l’on parle de « soucis de civilisation » au sujet des musulmans. 

En rouge, je note les remarques et désaccords de la philosophe invitée.

Berenice Levé parle de miracle français, avec un système assimilateurs et intégrateurs, auquel les français sont attachés.

E. Plenel demande de quel miracle elle parle : 15 millions de travailleurs pauvres ? Il appelle à une humanité concrète faite de diversité, diversité niée par la discrimination. Il est pour l’intégration (son parcours personnel en témoigne), mais l’assimilation ne peut être l’invisibilité. 

Elle parle de la hantise des français à l’endroit des musulmans, d’une France qui se fragmente.

E. Plenel reprend la formule et lui montre à quel point elle pratique le racisme du haut. Oserait elle seulement dire la hantise des français à l’endroit des juifs ? La hantise des français à l’endroit des femmes ? La hantise des français à l’endroit des homosexuels? Pourquoi alors semble t’il normal que l’on puisse prononcer une telle phrase ? 

Note personnelle : il me semble qu’on pourrai prononcer cette phrase également : La hantise des français à l’égard des Roms, la banalisation et la construction discriminatoire de la question du problème Rom est plus développée encore toutes CSP confondues. 

Il rappelle que la démocratie, n’est pas la loi du nombre, mais s’invente dans la pluralité, dans le respect des minorités (Edwy Plenel se réfère à Hanna Arendt). Il explique que les homo-sexuels revendiquent par exemple leur visibilité par différents événements. Pourquoi ne pas octroyer ces même droits aux musulmans, ou plutôt pourquoi s’attaquer à ce droit de visibilité? « Soyez fière d’être vous même! »

Pour Béatrice Levet, la France se fragmente. Elle va jusqu’à expliquer qu’à Paris dans le 20ème arrondissement il y a des hommes en robes et que ça se multiplie (my god!) Comment fabriquer de l’un avec du multiple?

La réponse de Plenel : C’est l’imaginaire de l’avenir, supprimer l’uniformité. Pour lui c’est piétiner le bien commun, c’est une violence symbolique que de refuser la différence, et entre les lignes l’altérité, par peur de cette différence. Cette injonction à l’invisibilité ne peut être la solution pour vivre ensemble, les musulmans sont le peuple de France. C’est nécroser le vivre ensemble, que de nier la pluralité. Il nomme laïsme l’intégrisme laïque qui considère que la liberté de culte s’accompagne d’un devoir d’invisibilité. 

Qu’un être humain peut se percevoir comme un « obligé du monde », qu’il est de passage sur terre, qu’il est en mesure de refuser l’invention de ce qu’est « notre peuple ». Je pense qu’il veut dire tout l’éphémère d’une appartenance et de son « ancrage historique » complètement fantasmée. 

Il ne veut pas que la question des musulmans se pose, l’empathie doit permettre de décrire les réalités factuelles c’est à dire parler d’une humanité concrète. Se poser la question « du problème musulman », c’est mettre en place un engrenage de discrimination qui occulte les autres questions : « Comment viennent et vivent les migrants? ». Les musulmans en France sont principalement actuellement des ouvriers et des employés, ils construisent, nettoient la France, ce qui amènent Edwy Plenel à se référer à Marx et au concept de « créatures sans espoir ». L’islamisation pensée comme telle, non seulement empêche de se poser la question de la réalité sociale, mais de plus leur ôte leur espoir, l’espérance de leur religion. Ainsi il explique le repli dans l’entre soi, le communautarisme par la construction d’un problème.

Il souligne que les musulmans de France ne peuvent être confondus avec les musulmans du monde. Depuis 30 ans, on demande aux musulmans de France, au nom de ce qui passe ailleurs dans le monde de montrer patte blanche. L’essencialisation est un processus raciste. 

Avant de conclure, je reviens sur un des changement de positions de ma pensée personnelle :

La question du foulard sur laquelle il est très difficile de se positionner me parait en tout cas à extraire du problème de laïcité et a replacer dans le contexte humain d’égalité et de violence symbolique faite au femme au nom ou pas de la religion, tout comme l’excision (qui n’est pas lié à la religion, mais a des traditions culturelles).

La comparaison à l’article de Zola me semble d’une très grande pertinence. Je conclue avec un extrait de cet article :

« Eh quoi ! vous êtes plus de deux cents mil­lions de catholiques, on compte à peine cinq millions de Juifs, et vous tremblez, vous appelez les gendarmes, vous menez un effroyable  vacarme de terreur, comme si des nuées de pillards s’étaient abattues sur le pays. Voilà du courage !(…) Quelle satisfaction orgueilleuse doit être la leur, devant le cri de détresse que vous poussez ! N’être qu’une minorité infime et nécessiter un tel déploiement de guerre ! Tous les matins, vous les foudroyez, vous battez désespérément le rappel, comme si la cité se trouvait en péril d’être prise d’assaut ! A vous entendre, il fau­drait rétablir le ghetto, nous aurions encore la rue des Juifs, qu’on barrerait le soir avec des chaînes. Et ce serait chose aimable, cette qua­rantaine, dans nos libres villes ouvertes. »

Note personnelle :

Je précise que je n’ai pas été éduquée avec l’idée de dieu, je ne me suis pas franchement posée la question de son existence, en tout cas beaucoup moins que celle de l’existence du père noël et de plus sur une plus courte période. Je n’ai jamais bien compris dans l’art ce qui était totalement novateur, ni même dans les progrès faits par la science à remettre en question dieu et tout le mode de vie et de pensées. J’ai saisis que c’était important, mais mon empathie n’a pas réussi à me faire comprendre ce que cela pouvait être de se débarasser de dieu. J’ai remarqué que dans mes amis, les croyants : juifs, musulmans et chrétiens consacraient beaucoup de temps à parler de religion, et parfois je me suis sentie très incomprise. 

Même aujourd’hui sur mon lieu de travail, j’ai encore des discussions avec des gens qui ne comprennent pas que l’on ne puisse penser sans l’idée de dieu. J’insiste sur l’idée de dieu parce que je n’ai pas cette idée, je n’ai pas ce doute, en fait pour moi la question de son existence ne se pose pas. Dans un débat,  je ne dis pas que dieu n’existe pas, je répond maintenant que dieu existe pour celui qui le veut. C’est très pratique dieu n’existe pas pour moi et d’autres personnes, mais il existe pour tous les gens qui le souhaitent. Du moment qu’on ne m’astreint pas à un culte, je suis contente.   Ceci dit l’absence d’idée de dieu, ou plutôt l’incompréhension d’un tas de personnes sur se sujet, qui étaient toutes prête à accepter que je sois d’un culte différent mais pas sans dieu (« mais tu penses qu’il y a quelque chose ? »). J’étais, dans leur regard à la limite de l’humanité, ce qui m’a amener à interroger cet étonnement. Je suppose que leur éducation et même la société qui compose leur entourage proche et lointain ne pense pas sans l’idée de dieu, à un tel point que j’en deviens extra-terrestre (ce mot est choisi avec soin). Nous pouvons donc appliquer cette idée d’éducation sans questionnement autour d’un sujet à d’autre domaine de problème ancestral.. Ainsi je crois maintenant qu’un jour naitront des enfant qui ne seront pas élever avec l’idée d’une appartenance à un genre (determiné par un sexe), que pour eux la question d’être une fille ou un garçon n’aura pas de sens.

Ce n’est pas le sujet de cet article, c’est juste une mise au point préhalable pour que vous puissiez comprendre d’ou je parle.

 

 

 

 

 

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