Retour

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Les retours ont ce gout terrible du regret, s’achève et reprend une forme de vie. Dans ce même temps ils apportent cette clairvoyance, une forme de lucidité sur la vie, le devenir, les relations. Ce n’est pas la révélation du départ, ni de l’autre mais celle du retour à soi.

Laissez moi, tenter d’expliquer, ce qui peut être commence lors d’un trajet un peu long, vous ne pouvez rien faire ci ce n’est attendre d’arriver. Lectures, jeux, films ne sauraient  vous distraire. Étrangement l’ennui devient attrayant, il vous transporte, en léthargie, pourtant vous ne souhaitez pas que le trajet se termine. A ce moment, là quelque chose de vous est sous les projecteurs de votre esprit.

Une part étrangement détachée, une part de vous même bien plus libre, non asservie aux sentiments, aux besoins d’appartenir au monde que vous avez conçu pour vous. Cette partie vous observe sans jugement, elle vous montre que même si tout cela s’achève, si votre monde bascule, vous bouscule, vous êtes profondément là, peu importe la forme que cela prend, peu importe que vous arriviez à destination,.

Vous arriverez ou n’arriverez pas, peu importe ! Ce n’est pas un rêve éveillé. J’ai l’impression, que c’est le point de résilience, le moment ou vous sentez votre force. Vous percevez cette force en vous quand vous prenez des décisions à l’encontre de votre logique mais pour votre bien être, parce qu’un peu de souffrance peut être salutaire. Je ne parle pas de sport, et pas franchement de zone de confort, plutôt de zone de survie. Vous sortez du mode survie pour une zone de vie. Vous sortez d’une relation nocive, vous sentez l’appel d’air, vous changez votre habitude à la vie. Vous pourriez en avoir tant d’autre de vies; Tant d’autres ami-e-s, une autre famille, un-e autre conjoint-e et même vous pourriez ne plus avoir ni d’ami-e-s, ni de conjoint-e, ni de famille, vous auriez quand même ce gout d’être vous.

Je ne parle pas des multiples autre personnalités qu’une autre éducation, d’autre rencontres, d’autres choix vous aurez façonnées. Non je parle de votre vie  vous, celle qui vous à fait vous. Cette personne que vous êtes devenue et qui aujourd’hui possède en souvenir des instants des rencontres. A chaque instant vous devenez un-e autre, êtes vous une continuité de l’autre qui fut vous, il y a un an ?  Ce n’est pas nécessaire mais vous avez un rapport à cet-te autre et votre force c’est de pouvoir à tout instant faire revenir à votre mémoire ce que vous avez ressenti, admiré, haï. Vous pouvez le trier, le réviser, l’améliorer, l’embellir, le négliger.

C’est comme une forme de liberté, un rappel de soi. Un retour permet je crois de se rencontrer soi, parce que l’on s’est abandonné-e, on a été autre quelques semaines, quelques années. Le retour c’est tout simplement l’idée que lors de cette impression d’absence, on était pourtant bien là, bien nou-e-s. Qu’il n’y avait pas d’autres, et seul-e-s nou-e-s avons ces moments gravés, ce n’est pas simplement notre histoire au sens chronologique ou narratif, c’est notre stock d’éléments réflexifs, notre réserves.

A nous de savoir en prendre soin, à le chérir c’est notre trésor, notre façon d’ordonner,mélanger, interpréter malheur, bonheur.

 

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2 Commentaires

  1. jafaar gras

    6 avril, 2017 à 17:05

    le retour ! le retour ! le retour !

  2. Usure pas triste

    7 avril, 2017 à 4:22

    lol ! je me tate à migrer qd même ;)

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