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Hier soir, j’ai lu les yeux bandés… de Siri Hustvedt

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 Siri Hustvedt  : Les yeux bandés Hier soir, j'ai lu les yeux bandés... de Siri Hustvedt  dans conficulture 9782868699947_1_75

Oui c’était un peu facile ce titre…

Disons que pour une fois, mon double bénéfique étant occupée à se pEnser dans sa vie (Comme on peut se penser en plein confinement sur différentes applis).

Je viens ici, moi, me pAnser. L’autocensure ne sévira pas aujourd’hui. Je vais donc m’en donner à cœur peine !

Alors ce livre, c’est une merveille. Deuxième merveille qu’il m’ait donnée de lire de Siri Hustvedt. J’avais adoré un monde flamboyant, et les thématiques qui parcourent ces 2 chefs-d’œuvres sont très très proches. 

Dans un monde flamboyant, on suivait une femme de 50 ans. Là, on suit Iris, une jeune femme d’un vingtaine d’année.

Elle nous retrace 3 rencontres  (mais en vrai 4 )  qui vont jouer un rôle dans sa vie. On la suit dans une vaste métamorphose aux aboutissements polymorphes en fonction des pages, la chronologie n’étant pas au programme.

Tout comme un monde flamboyant le détail, les objets, l’analyse brute du présent, l’instantanéité de la pensée éclairent les scène d’un sens en décalage, qui questionne sur ce qu’est une vie, ce que veut dire être soi, et en même temps avoir en soi ces étrangers, qui ne demandent qu’à vivre à travers notre corps. 

« Tu sais aussi bien que moi qu’on ne peut pas tracer de frontières que nous sommes envahis à tout moment par toute sorte de fiction qu’il est impossible d’y échapper. »

Il ne s’agit pas tant de dédoublement, mais de se laisser aspirer par d’autres possibles en soi, d’autres définitions de soi, parfois les projections des autres sur soi, et parfois ce que l’on a en soi. Le travail sur l’identité est très poussé. Il s’agit je crois du premier livre de l’autrice. Il y a un côté un peu sauvage pour cette femme, cette manière d’être soumise à une forme de biologie, son désir et ses migraines, mais aussi à la faim, à la pauvreté. L’aliénation est bien plus dans la biologie, et le matériel dans ce qu’elle se croit obligée de faire pour les autres, que dans ses renaissances-perditions nocturnes. 

Il y a chez Iris-Karl-et autre pseudo, cette liberté d’être qui passe par le vêtement, par le détail, par le langage. C’est d’émancipation de soi, de folie, de dépendance que traitent ces 4 rencontres qui parcourent la vie d’iris.

Et là ou ça détonne, c’est la cohérence de cette femme, qui ballottée au grès des mecs qu’elle rencontre, des difficultés financières qu’elle traverse, reste en plusieurs personnages une seule et même sublime femme. Parce qu’il y a une chose qui parcourt l’oeuvre, c’est la beauté physique, sa puissance sexuelle, sa façon de faire tomber amoureux, de rendre fou dont on saisit la texture sur les dernières pages.

La non chronologie, les effondrements successifs tout est au service de cette démonstration brillante de vie qui peut être se tient dans la réaction d’Iris à ce discours : 

« Vous n’êtes pas si grande dame que vous n’en prenez l’air . Il n’y a pas de règle pas vraiment . Qui les édicte ? Dieu ? Je crois que vous vous intéressez à ce qui est sale, un brin cruel . Ça vous excite. La vie est un cirque, ma chère. Pourquoi lutter ? « Bon, je vous précise qu’Iris choisit de lutter… pour que la leçon de vie soit bien comprise !

Incohérents mes propos ? Lisez le livre, vous verrez à quel point à toute bascule, à tous les vents, cette femme s’invente, se réinvente, se découvre une autre et encore une autre. Elle lutte contre médecin, goujat, mâle dominant lettré, mâle dominant cultivé… C’est par rapport à des hommes, par rapport à des situations horriblement banales par rapport à sa folie propre que se tisse sa vie. 

C’est de changement d’identité exploratoires, de vie qu’un fredonnement peut changer qu’est fait ce roman. Même lorsqu’elle n’est qu’Iris, sa vie se divise en 2 : 2 hommes, sa douleur / sa tête.

Et à chaque fois une personne essaie d’en tirer profit. Elle est à la fois le rien d’une photographie, à l’image de ses auras., et l’objet convoité à décrire, à choyer. C’est les autres qui l’interprètent. 

Elle est elle-même dans ses déconvenues, dans ses passions, dans ses essais. Elle s’attache à des surfaces, mais parfois elle parvient à percevoir la profondeur des autres, lorsque l’aliénation biologique ou matérielle s’éloigne. 

Et puis vous parler de la plume de S. Hustvedt pour clore le sujet : C’est un régal, un festin de subtilités, lorsque certains mots mis côte à côte donne lieu à une nouvelle pensée, je m’épanouis… Et donc là il y a même moyen d’aller jusqu’à faner tellement les concepts peuvent pousser des portes dans nos pensées, mettre des mots sur des vagues perceptions.

Par exemple : « je me vis en relief », « don de légèreté », « je ne suis qu’à peine vivante », « confusion exubérante », « je te hale ». 

Les mots ont souvent besoin de pénétrer, vous savez, de s’enfoncer dans les profondeurs pendant quelques temps.

 Livre réjouissant, à lire… 

Ce soir ce sera : Un été sans les hommes de la même autrice.

(Je profite du relâchement total de la personne qui cohabite dans mon corps, pour passer en mode mono: Mono-piste-musicale, mono-autrice, mono-repas… On verra combien de temps cela durera) 

Bien usurpalement !

UPT

 PS : S’il vous plait ne citez pas son mari, oui il est génial mais je fais exprès de ne pas le nommer. On ne définit pas une femme par rapport à un homme…. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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